.:: Someday ::.
Voilà maintenant deux ans que Dômyôji est parti aux Etats-Unis,
nous ne nous sommes pas revus depuis son départ. Cela faisait parti du marché :
il partait travailler pour prendre la suite de son père, et nous ne devions pas
nous voir pendant quatre ans.
Je suis maintenant à l’université Eitoku, en 2ème année. J’ai choisi de me
spécialiser dans les Ressources Humaines, je me demande encore aujourd’hui
pourquoi j’ai choisi cette voie. Les F3 sont eux aussi à l’université, mais je
les vois rarement en cours, ils n’ont pas perdu leurs bonnes habitudes du lycée.
Mimasaka et Nishikado sont toujours aussi don juan, d’un côté c’est plutôt
rassurant de voir qu’ils ne changent pas. Quant à Hanazawa Rui, il finirait
cette année d’université avant de partir pour la France retrouver Shizuka,
devenue avocate. Hanazawa Rui a toujours été mon oasis à Eitoku, et j’ai
toujours pu compter sur son soutien depuis le départ de Dômyôji. Serai-je encore
tenir le coup quand lui aussi m’aura quittée ?
Bien sûr, Dômyôji m’appelle souvent, ou alors les F3 me donnent de ses
nouvelles. Mais combien de temps pourrai-je encore me contenter d’une relation à
distance comme celle-ci ? « J’ai envie de te voir Dômyôji »… C’est tellement
plus simple de dire ces mots quand je suis seule, mais je n’ai pas le courage de
les prononcer à la personne à laquelle ils sont destinés… Je me dois d’être
forte, je ne veux pas être un poids pour lui. Encore deux ans à attendre…
Demain est le jour de la Saint Valentin, la fête des amoureux, quelle ironie…
Pour la deuxième fois, je la passerai sans mon « Valentin »…
- Makino ! Demain on vient chez toi ! Tu as intérêt à bien nous recevoir ? me
dit Nishikado, épaulé par Mimasaka et Hanazawa Rui.
- Quoi ? On ne vous a jamais dit de ne pas vous inviter comme ça chez les gens ?
dis-je avec une pointe de sarcasme.
- Allez, on fait comme ça, à demain ! insista Mimasaka.
- Hein ? Mais…
Pas la peine de répondre, ils ne se sont même pas retournés, ils continuaient
leur chemin vers la cafétéria universitaire. Quand ils se sont trouvés assez
loin pour ne pas me voir, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Je sais qu’ils
voulaient me remonter le moral, demain est un jour spécial, et ils ne voulaient
pas me laisser seule…
En rentrant des cours, je fis les courses, demain le repas sera simple, pas de
mets compliqués et luxueux comme ils ont l’habitude d’avoir chez eux, après
tout, je ne suis pas un chef cuisto, et je n’ai pas non plus les moyens de leur
offrir ce genre de nourriture.
Aujourd’hui, jour de Saint-Valentin, nous n’avons pas cours, nous sommes samedi.
Tant mieux, comme cela j’ai le temps de tout préparer pour ce soir. Ce soir, ça
sera un dîner pour 4 : les F3 et moi. Yuki, Sakurako et Kazuya ne peuvent pas
venir, chacun passe la soirée avec son être cher. Comme je les envie…La journée
est passée très vite et les garçons ne se sont pas faits attendre.
Ils sont arrivés vers 20h, tous les trois ensemble. Comme d’habitude, j’ai eu le
droit à des petites remarques sur ma modeste façon de vivre, mon mauvais goût en
matière de mobiliers et j’en passe. J’ai fini par m’y habituer, je ne me donne
même plus la peine de leur répondre. Le dîner s’est passé plutôt bien, Mimasaka
et Nishikado faisaient les pitres, et Hanazawa Rui n’était pas très bavard.
Quand l’heure du dessert est arrivée, les trois jeunes hommes ont sorti chacun
un cadeau, pour moi.
Mimasaka et Nishikado m’ont offert une magnifique robe de bal Chanel. Elle est
si belle, je n’oserai jamais la porter, de peur de l’abîmer ! A cette remarque,
les deux don juan se moquèrent gentiment de moi. Quant à Hanazawa Rui, le petit
paquet qu’il m’avait tendu contenait une chevillère en argent, ornée de petits
nounours. Toutes ces attentions me touchent beaucoup, ces garçons sont vraiment
adorables. Je les remercie pour leurs présents, et me dirige vers ma commode,
pour les ranger.
Alors que je creusais un peu sous mes vêtements du premier tiroir pour cacher
ces précieux cadeaux, je tombe sur une boîte… Cette boîte que je n’avais pas
revu depuis qu’il était parti… j’y ai mis tous ses cadeaux, la chaîne avec le
pendentif Saturne, les jouets… tout… Je sens les larmes me monter aux yeux, une
s’échappe et glisse le long de ma joue. Il ne fallait pas que les F3 me voient
dans cet état, je ne veux pas plomber la bonne ambiance de cette soirée…
J’essuie vite mes yeux humides du revers de ma manche et prétexte n’importe quoi
pour aller dans la cuisine.
Cette scène ne leur avait pas échappé, Hanazawa Rui me rejoint aussitôt dans la
cuisine. Faire semblant de laver la vaisselle ne le convainc pas visiblement, il
m’oblige à le regarder en face. Là, mes larmes se versaient inlassablement.
- Makino…
- Je… je ne suis pas si forte…
- Tu n’as pas besoin d’être forte avec nous… dit-il.
- Je veux le voir… Je veux voir Dômyôji ! et j’éclate en sanglots en même temps
que je libère ces mots. Hanazawa Rui me prend dans ses bras, je fonds
littéralement en larmes…
Je ne sais pas combien de temps je suis restée à pleurer, mais Hanazawa Rui n'a
pas relâché son étreinte tant que je ne m’étais pas calmée.
Une fois calmée, j’ai fait de mon mieux pour afficher un sourire sincère, pour
rassurer les F3, leur faire comprendre que j’allais mieux. Pas vraiment
convaincus par mes prestations d’actrice, ils ont finalement quitté mon
appartement vers 2h du matin. Je les accompagne jusqu’en bas de chez moi,
m’excuse de mon comportement, et les salue de la main, un faux sourire aux
lèvres.
Je ne veux pas retourner chez moi… pourquoi faire ? M’y retrouver seule dans cet
appartement sans vie ? Je ne sais pas où aller non plus… je reste simplement
plantée là, sur le pallier de l’immeuble. Il fait froid, je devrais quand même
aller chercher une veste. Je me retourne et aperçois une ombre, une forme
humaine. Elle s’approche et laisse apparaître… DÔMYÔJI ?!
- Je rêve ? je me frotte les yeux, mais il est encore là, devant moi.
- Pff, c’est comme ça que tu m’accueilles ?
- C’est bien sa voix… Que… qu’est-ce que tu fais ici, idiot ?!
- Et bien, c’est la Saint Valentin… et je voulais te voir…
- Idiot ! Nous sommes le 15 maintenant, il est plus de 2h du matin !
- T’es bête ou quoi ? Je suis encore à l’heure américaine, pour moi, nous sommes
encore le 14, me répondit-il en s’approchant de moi. Puis il ajouta : Bonne
Saint Valentin !
Il me tend une petite boîte de velours. Je n’ose pas l’ouvrir… Finalement, je
décide de me lancer, et je l’ouvre, pour y découvrir une bague. Je reste
émerveillée devant le bijoux, alors Dômyôji s’en saisit et me prend la main
gauche. Il glisse l’objet précieux à mon annulaire, ce qui veut dire…
- Il gèle dehors, tu pourrais au moins m’inviter à monter !
- Aaah mais je rêve ?? quelle arrogance ! Tu n’as pas changé !
Bien sûr, sous ces apparences de dispute, j’étais si contente ! C’est notre
façon d’être, c’est loin des retrouvailles que j’imaginais, mais ça nous
ressemble tellement plus. Mon « Valentin » était là, pour ce jour des amoureux,
même pour un jour, je suis heureuse qu’il soit venu. Et cette bague, en me la
donnant il venait de me faire une promesse qui vaut bien tous les mots du monde
! Car someday*...
Fin
NB: * Someday = un jour